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Rédaction annonce véhicule occasion : mentions et gabarit pro

Une annonce de VO professionnelle doit porter des mentions précises : dénomination, date de mise en circulation, kilométrage, prix TTC, identité du vendeur. Voici les textes qui les imposent, comment placer ton prix dans le marché et un gabarit rempli sur un exemple réel.

Une Peugeot 308 diesel à boîte automatique de 2019, 78 000 km. Sur les annonces du marché, nous avons relevé 144 voitures proches : la moitié du milieu se situe entre 12 172 € et 14 814 €, pour une valeur estimée de 13 352 €. Si ton annonce l'affiche à 15 990 €, elle est plus chère que les trois quarts de ses concurrentes, et le meilleur texte du monde ne la sauvera pas. Si elle oublie le prix toutes taxes comprises, la date de première mise en circulation ou écrit « kilométrage non garanti » alors que tu as les factures, ce n'est plus un problème de vente mais d'infraction. La rédaction d'une annonce de véhicule d'occasion, pour un professionnel, c'est d'abord ces deux choses : un prix défendable et des mentions exactes. Le style vient après.

Les mentions obligatoires d'une annonce de VO professionnelle

Le texte de base est le décret n° 78-993 du 4 octobre 1978, toujours en vigueur. Son article 2 définit la dénomination de vente d'un véhicule : marque, type, modèle, version et, le cas échéant, variante. Pour un véhicule d'occasion, l'article 2 ter y ajoute le mois et l'année de première mise en circulation et le kilométrage. L'article 6 impose que tout véhicule en vente ou exposé porte une étiquette avec ces mentions, en caractères apparents et de même taille. La fiche pratique de la DGCCRF sur l'achat d'un véhicule d'occasion, mise à jour en août 2026, y ajoute le prix de vente toutes taxes comprises effectivement payé par le consommateur, hors coût du certificat d'immatriculation.

Et l'annonce en ligne ? Deux règles s'appliquent. L'article 7 du même décret interdit toute publicité susceptible de créer une confusion sur la nature, la marque, le type, la date de première mise en circulation ou le kilométrage. Et l'article L121-3 du Code de la consommation précise que, dans une communication qui invite à l'achat en donnant un prix et des caractéristiques, certaines informations sont substantielles : les caractéristiques principales du bien, l'adresse et l'identité du professionnel, le prix toutes taxes comprises. Les omettre peut constituer une pratique commerciale trompeuse.

MentionTexteCe que tu écris
Marque, modèle, version, varianteDécret 78-993, art. 2La dénomination exacte du certificat d'immatriculation ou du catalogue, pas un surnom
Mois et année de 1re mise en circulationDécret 78-993, art. 2 ter« 03/2019 », pas seulement « 2019 »
KilométrageDécret 78-993, art. 2 terTotal parcouru s'il est connu ou justifiable, sinon compteur suivi de « non garanti »
Prix TTCFiche DGCCRF, C. conso L112-1 et L121-3Le prix final payé, hors carte grise, frais facultatifs détaillés à part
Identité et adresse du professionnelC. conso L121-3Raison sociale et adresse du lieu de vente

Ces mêmes indications doivent se retrouver à l'identique sur le bon de commande et la facture : ton annonce, ton étiquette et tes documents de vente racontent la même voiture. Que tu vendes sous le régime de la marge ou non, le prix affiché reste le prix TTC final ; la question de la TVA se règle sur la facture, pas dans l'annonce (voir notre article sur la TVA sur marge des véhicules d'occasion).

« Kilométrage non garanti » : une mention d'exception, pas une protection

Beaucoup d'annonces professionnelles ajoutent « kilométrage non garanti » par réflexe, pour se couvrir. C'est l'inverse qui se passe. L'article 2 ter du décret réserve cette mention au cas où le kilométrage total n'est ni connu ni justifiable. La DGCCRF le dit plus nettement : elle ne peut être utilisée que si le vendeur n'a pas été en mesure de connaître le kilométrage réel. Si tu avais les factures d'entretien, l'historique des contrôles techniques ou un carnet cohérent, l'écrire revient à cacher une information que tu possédais.

Ce n'est pas un risque théorique. Lors de son enquête de 2021-2022 sur plus de 2 000 contrôles chez des vendeurs de véhicules neufs et d'occasion, la DGCCRF a relevé des anomalies dans 64 % des établissements, dont des étiquetages de VO sans date de mise en circulation, sans antécédents ou sans kilométrage, et des compteurs minorés jusqu'à 121 000 km. Une pratique commerciale trompeuse est punie de deux ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende, portés à cinq ans et 750 000 € quand elle passe par un service en ligne (article L132-2 du Code de la consommation, version de mai 2024). Une annonce sur internet entre dans ce second cas.

La bonne pratique tient en trois gestes : relever le kilométrage du compteur à la reprise, le confronter aux factures et au dernier procès-verbal de contrôle technique, et ne garder « non garanti » que pour les voitures dont l'historique est vraiment introuvable, en le disant clairement dans le texte plutôt qu'en petits caractères.

Garantie, contrôle technique, frais : ce que tu peux écrire

La garantie est souvent l'argument le plus mis en avant, et le plus mal rédigé. Trois choses sont à distinguer.

  • La garantie légale de conformité s'applique de toute façon à la vente d'un professionnel à un particulier : deux ans à compter de la livraison. Pour un bien d'occasion, un défaut apparu dans les douze mois est présumé exister à la livraison (article L217-7 du Code de la consommation, contrats conclus depuis le 1er janvier 2022). Écrire « vendu sans garantie » à un particulier ne l'écarte pas : une clause qui limite ces droits est réputée non écrite (article L241-5).
  • La garantie commerciale que tu proposes en plus doit être décrite pour ce qu'elle est : durée, ce qu'elle couvre, son prix si elle est payante. Le contrat remis au client précise ses conditions et rappelle que les garanties légales restent applicables. « Garantie 12 mois » sans autre précision, sur une annonce, laisse croire que c'est tout ce à quoi l'acheteur a droit.
  • Le contrôle technique : pour une voiture de plus de quatre ans, le procès-verbal de moins de six mois doit être remis avant la conclusion de la vente, pas à la livraison. L'annoncer dans le texte, avec sa date, rassure et t'oblige à l'avoir prêt.

Dernier point, relevé par la DGCCRF dans la même enquête : les « packs » et « forfaits » de mise à la route présentés comme obligatoires. Une prestation annexe doit être facultative, détaillée prestation par prestation avec son prix, et ne pas être intégrée en douce au prix affiché.

Le prix : place-le dans la fourchette avant d'écrire une ligne

Il n'existe pas de statistique publique fiable sur l'effet de la rédaction d'une annonce sur la vitesse de vente, et nous ne t'en inventerons pas. Ce qui est vérifiable, c'est que l'acheteur compare ta voiture à toutes celles qui lui ressemblent, au même moment. Le prix se décide donc avant le texte, et le texte sert à le justifier.

Reprenons la 308 de l'introduction. Requête du 16 octobre 2026 : Peugeot 308, 2019, 78 000 km, diesel, boîte automatique.

RepèreValeurCe que ça veut dire
Voitures proches retenues144Assez pour que la fourchette ait du sens
Bas de fourchette (25 %)12 172 €Un quart des comparables s'affiche en dessous
Valeur estimée13 352 €Le prix « sans argument particulier »
Haut de fourchette (75 %)14 814 €Au-delà, tu es plus cher que trois quarts du marché

Si ta voiture a un entretien suivi en réseau, une garantie commerciale incluse et un contrôle technique récent, un prix à 13 490 € (hypothèse) se défend : à peine au-dessus de la valeur estimée, nettement sous le haut de la fourchette, et chaque euro d'écart est expliqué dans l'annonce. Sans ces arguments, reste au milieu. Une cotation gratuite sur les annonces du marché te donne la même fourchette pour ta voiture, avec le nombre de comparables utilisés. Et si la cote de référence et le marché divergent, c'est le marché que voit ton acheteur : on a détaillé un cas réel dans la cote ou le prix du marché, qui a raison.

Le gabarit d'annonce, rempli

Voici la structure, dans l'ordre où l'acheteur lit, avec l'exemple de la 308. Les éléments entre crochets sont à remplacer par tes informations réelles ; ne publie jamais une ligne que tu ne peux pas prouver.

  1. Titre : dénomination, motorisation, boîte, année, kilométrage. Peugeot 308 1.5 BlueHDi 130 EAT8 Allure, 03/2019, 78 000 km
  2. Prix TTC : 13 490 € TTC, hors frais de certificat d'immatriculation.
  3. Résumé en deux phrases : Diesel automatique, entretien suivi en réseau, contrôle technique du [date] remis avant la vente. Garantie commerciale de [durée] incluse, en plus de la garantie légale de conformité.
  4. Identification : Première mise en circulation : [mois/année]. Kilométrage : 78 000 km, cohérent avec les factures et le dernier contrôle technique. Historique administratif consultable sur HistoVec : [lien].
  5. Équipements : une ligne par famille (sécurité, confort, multimédia), uniquement ce qui est présent et fonctionne.
  6. Entretien et état : Dernière révision à [km] le [date]. Pneus avant [état mesuré]. [Défauts visibles : un par ligne, avec photo.]
  7. Garantie commerciale : [durée], couvre [organes], sans supplément. Contrat remis à la vente.
  8. Options facultatives : [prestation] : [prix]. Aucune n'est obligatoire.
  9. Vendeur : [raison sociale], [adresse du lieu de vente], [téléphone], horaires de visite et d'essai.

Quatre réflexes de relecture avant publication : le kilométrage et la date sont identiques sur l'annonce, l'étiquette et le bon de commande ; aucun superlatif que tu ne peux pas prouver (« état neuf », « jamais accidentée » sans historique) ; « première main » seulement si c'est vrai, la DGCCRF a relevé des abus ; aucun défaut connu passé sous silence, parce que ce que l'acheteur découvre à l'essai devient un argument de négociation, ou de litige.

Gagner du temps sans perdre en exactitude

Un gabarit ne sert que s'il est rempli vite : chaque jour entre l'arrivée de la voiture et sa mise en ligne coûte de la marge, comme on l'a chiffré dans notre article sur la rotation du stock. Prépare-le une fois dans ton outil, garde les blocs fixes (vendeur, garantie, options) et ne remplis que les lignes propres à la voiture.

Dans Tarmac, la fiche du véhicule en stock propose un premier jet de description à partir des caractéristiques saisies, avec un aperçu de l'annonce telle qu'elle sera publiée, un champ pour le lien HistoVec, et la mise en ligne vers les portails où tu as un compte, via un prestataire de diffusion. La cote du marché de chaque véhicule est recalculée pendant qu'il est en stock, pour voir si ton prix est toujours dans la fourchette. Ce que Tarmac ne fait pas : vérifier à ta place que tes mentions sont conformes, ni rédiger tes contrats de garantie. Le premier jet est un brouillon ; la relecture, c'est toi.

Ta prochaine annonce, commence par la cotation, puis le tableau des mentions, puis le texte. Dans cet ordre, tu publies une voiture au bon prix, décrite exactement, et tu n'as rien à craindre d'un contrôle.

Sources